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Dinard
Il marche en solitaire sur le chemin des douaniers qui serpente le long de la côte d’Emeraude. Porté par les tourbillons du vent, il avance d’un pas rapide, la tête encapuchonnée dans le vieux caban coutumier des tourmentes de cette étroite Manche. Ses pensées volent vers Signac, Picasso, Lawrence d’Arabie et tant d’autres qui ont foulé le même sol dinardais.
Au détour d’une courbe, son regard rencontre une silhouette endimanchée perdue sur ce sentier de rocaille. Les bourrasques flagellent ce dos gracile et plaquent un frêle tissu sur des formes pulpeuses. Il est troublé par cette femme qui résiste à l’audace du vent. Il devine le souffle qui traverse sa nuque pour s’écraser dans la chaleur de ses reins, ses lèvres affolées sous le suc des embruns et le frisson de son corps inondé par cette étreinte sauvage. En bord de terre de ce bord de mer, il chavire dans les vagues de la femme sirène.
Sirènes - Charles Edward Boutibonne
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