Le Train Bleu ©
Le Train Bleu
Cette correspondance qui ne correspond pas lui offre trois heures d’attente à la gare de Lyon. Une enseigne perchée au premier étage, face aux voies, la séduit : Le Train Bleu. Elle franchit le lourd rideau de velours rouge qui officie à l’entrée de ce restaurant mythique et la voici happée par la magie du siècle dernier. Ici tout est faste, splendeur et exubérance : les hautes voûtes du plafond ornées de fresques somptueuses, les sculptures et moulures en stuc doré, les fauteuils club et les banquettes cuir qui gardent l’empreinte de Cocteau, Pagnol, Coco Chanel, Sarah Bernhardt...
Etourdie par ce décor, elle commande un café et s’abandonne aux peintures qui dessinent le rêve de destinations lointaines. Elle s’attarde sur la volupté d’une cariatide lorsqu’un regard percute le sien. Planté à quelques mètres d’elle, un homme téléphone. Il l’observe, la détaille. L'effronté déguste ses prunelles, se glisse, s'immisce, la fouille au plus profond. Il raccroche, s'approche. Son seul regard arrête le temps. D’un seul regard, d’un seul, il a léché sa bouche...
Crédit photo : Arnaud Frich (http://www.arnaudfrichphoto.com)
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