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Cayenne
L’heure approche du soir, de ce moment fragile où les amandiers recourbent leurs pétales. Il quitte le boulodrome et s’offre une dernière balade sur la plage de Montado. Assis face au large, l’homme musarde devant le soleil qui se couche dans l’horizon. Il joue avec le sable du bout des doigts et sa main rencontre un objet souple et fin, un bracelet perdu sur la rive.
Il détaille les minuscules perles d’argent, les touches délicates de nacre et, dans un souffle d’alizé, rêve à la courbe des épaules et au galbe des hanches de cette inconnue. Ils sont blottis. Silencieux. Leurs formes s’apprivoisent, leur peau se respire et la langue de leurs gestes les grise. Tandis qu’ils s’enivrent de leurs chaleurs unies, une chanson se dessine dans les cieux : « Dans mon île, un parfum d'amour se faufile dès la fin du jour. Ses yeux brillent et ses cheveux bruns s'éparpillent sur le sable fin, car mon île c’est le Paradis. »
(Hommage à Henri Salvador)
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